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20090119 - café politique

Informations 08 Dec 2008 16:53

Le capitalisme, c'est la guerre ! (1)

Un système inefficace et assassin

 

 

Le capitalisme, c’est la guerre. Attention, ceci n’est pas une figure de style. Ou alors un euphémisme ! Ce système, qui confie la propriété des moyens de production de la richesse à d’autres mains que celles qui les mettent en œuvre, organise la guerre mondiale. Elle n’a pas été déclarée mais elle crève les yeux.  Ainsi, le « tiers-monde » paie-t-il le prix fort de l’inefficacité d’une organisation de l’économie sur les principes capitalistes. Le bilan est lourd : toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de ses suites immédiates. En 2007, 6 millions d’enfants anonymes, sans visage, sans corps, sans réalité, ont été rayés du planisphère. Tombés au champ d’honneur d’une idéologie assassine.

Un assassinat ?  Comment le dire autrement dès lors que l’agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation estime qu’ « au stade de son développement actuel, de ses forces de production agricole, la planète pourrait nourrir sans problème 12 milliards d’êtres humains, le double de sa population. » En n’empêchant pas l’hécatombe évitable, chaque minute qui passe représente, pour l’humanité, le sacrifice de 30 Einstein, Mozart ou Gandhi en puissance…

 

 

Les récentes hausses des prix agricoles ont provoqué une crise alimentaire généralisée dans les pays en développement. Elles devraient pousser quelque 100 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté. En 2007, la hausse des prix a été de 40% en moyenne et plus encore en début 2008. Le prix des produits de première nécessité a progressé de 80% depuis 2005. Contrairement aux pays riches où la part de l’alimentation dans les revenus se situe entre 10 et 20%, elle atteint 60 à 90% dans les pays en développement. Cette situation a conduit à des émeutes de la faim dans de très nombreuses régions du monde.

 


Sous la pression des faits, la Banque mondiale a été amenée à opérer un changement de cap radical en prônant un investissement dans l’agriculture vivrière. C’est exactement le contraire des politiques qu’elle défendait, comme l’Organisation mondiale du commerce, jusqu’à présent.

 

 

Cette nouvelle démarche appuie cependant un phénomène nouveau, né de la simultanéité de deux crises mondiales, la crise alimentaire et la crise financière : un nouvel accaparement des terres agricoles par des groupes étrangers transnationaux privés. L’expulsion brutale de communautés indigènes n’est pas une nouveauté. Pourtant, nous assistons aujourd’hui à une ruée sur l’acquisition des surfaces arables en vue d’y développer de nouvelles productions de l’agro-industrie ou des biocarburants. Deux motivations sont ici en action : la volonté de certains Etats de garantir à leur population une souveraineté alimentaire au départ de productions extérieures et la recherche de nouveaux débouchés pour des liquidités qui fuient l’instabilité des marchés financiers. Les terres arables deviennent ainsi de nouveaux actifs stratégiques compte tenu de la hauteur des prix alimentaires et de la faiblesse des prix fonciers. Cette appropriation s’opère soit avec l’aval des autorités locales en place, heureuses de trouver de nouvelles sources de financement pour leur développement, soit, quand elles interdisent l’acquisition de nouvelles propriétés par des firmes transnationales, en obtenant de nouvelles formes de contrôles sur des terres agricoles en vue de produire non pour les populations locales mais pour d’autres.

 

 

Le capitalisme nous ramène ainsi au temps honni des colonies. Quel progrès !

 

 

 

 

Daniel RICHARD

Informations 07 Nov 2008 11:44

CNCD 11.11.11 à la FGTB Verviers

11.11.11 2008